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Champ du cinabre

Ce minuscule point de fuite au point de croix nord-ouest, là-haut sur le territoire, là-bas sur la carte, le vois-tu de visu; ce bout de stannate de cobalt au passé empiétant, le ciel; notre échapée où nous émigrerons loin cette île.

Au commencement, il te faudra survoler; les inclusions d’antimoine, d’arsenic et de bitume poussant dans le champ du cinabre inférieur; toujours en te guidant de l’étoile polaire. Mon corps, ne flânes pas. Ensuite, te faufiler jusqu’au Palais Écarlate né d’un ancien volcan, ses flans de sulfure de fer, sélénium et de sulfate de calcium sonnerons le mi-chemin. Alpha Ursae Minoris se rappellera à toi. Mon coeur, ne t’y trompes pas. Finalement, tu dénicheras le Palais du Nirvana; cherches les traces de sulfate de baryum, de plomb et de zinc; à ce stade, tu comprendras que Dédale était un grand architecte. Ma tête, ne te leurres pas.

Des nuitées, il me faudra filer encore. Toi vers le Nord, il te faudra filer. Floues les lignes de force, au carrefour force un virage à gauche. Tu trouveras tout au bout du fil, tout le bleu de cæruleum qui niche dans la toile des astres, la sortie. Mon âme, libères-moi.

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Jardin des Hespérides

Je suis la voleuse, la « croqueuse », je convoite. Ladon, tu ne m’attraperas pas. Je chaparderai les coings d’or nourris aux sources d’ambroisie, m’abreuverai à son oeuvre, ses fruits. Ce qui se donnent à voir au large des rives océaniques, ce qui se dorent dans un jardin, ma résidence ; entre Tanger et Larache de l’Occident au Couchant ; un à un, je les déroberai pour t’en faire un collier.