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Champ du cinabre

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Jardin des Hespérides

Je suis la voleuse, la « croqueuse », je convoite. Ladon, tu ne m’attraperas pas. Je chaparderai les coings d’or nourris aux sources d’ambroisie, m’abreuverai à son oeuvre, ses fruits. Ce qui se donnent à voir au large des rives océaniques, ce qui se dorent dans un jardin, ma résidence ; entre Tanger et Larache de l’Occident au Couchant ; un à un, je les déroberai pour t’en faire un collier.

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Rose Mountbatten

Dans cette fenêtre de temps gardé; oubliée des dieux, la palette Laurentienne offre sa Bohême Orientale.

Dissimulés sous la teinte Mountbatten, cammouflage, feintise; les cervidés dardent leurs organes osseux, défiant l’endormi et l’aveugle. Toujours ces mêmes fantoches d’aujourd’hui qui foutent sur les Italiennes et les Nordiques d’autrefois; les renaissances souillées aux mains des fiscalistes, se vendent sur le fil, à coup d’or et de publicités; le roi du monde est borgne. Les vagues moutonnantes scandent le champ des cors. « Mourrez bien bandes de caves! Mourrez! Mourrez au fond de votre party ».

Ils réécriront les livres eux aussi. Sans nous. Temps mieux. Laissons-leurs les villes, le béton et la peste. Gardons-nous le bois de rose et le tison.

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Mon coeur de pierre

La couleur est un déterminant, la matière une structure. Suivons les lignes de failles. L’eau n’est jamais calme dans les profondeurs et l’abysse strié de courants contraires. Assumons les contraintes tectoniques, les déformations cisaillantes, les diaclases. Écoutons le murmure des poissons. M7,1 en Nouvelle-Calédonie. Ils disent que les failles actives sont responsables de la majorité des tremblements de terre mais, ils ne parlent jamais de nous.

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Ukiyo-e

Dans ce jardin mythique, notre avalanche en arrêt ventilatoire, suspendue par des racines, me happe. Ode aux trois beautés de notre temps, le gel, le givre, le blanc.

Maintenant que tu la vois s’avachir, restes près de moi. Entre le vert mortuaire et le gris incendiaire, entre le entre de tous les antres, jusqu’à sa venue, jusqu’à sa nuit tombée. Elle s’annonce blanche, une lame brisée, des épousailles. Prépares-toi. Elle se dit froide, aussi chaude qu’une glace à la vanille. Cette parcelle de terre est l’image du monde flottant.

En 1858, Pissaro, Cézanne et Gauguin connaissaient déjà le classique de la triade bouddhiste et pourquoi plus nous ?

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Au seuil du paysage

« Au seuil du paysage » est le lieu du flux géographique entre deux espaces ; l’expression d’une circulation où la différenciation spatiale favorise l’organisation des éléments visuels afin d’enfanter un troisième lieu encadré. L’incubateur à images, la boîte qui contient l’oeuvre dans ses limites, puisant ainsi dans l’infini, car l’art visuel à besoin du cadre pour toucher à l’invisible.

La vision du seuil, le lieu en dehors du lieu, mon ectopie du paysage ; se nourrit de la symbolique japonaise du pont ; séparation du ciel et de la terre, celui par laquelle se forge l’image du monde flottant, sujet de l’ukiyo-e ; traduis également par la séparation où se forge l’image du monde invisible. De part mes mythes internes, je qualifierai ce seuil de limbes créatives.